Depuis des années, la photographe allemande Sandy Haessner voyage au Sénégal pour travailler sur des projets avec les artistes hip-hop locaux. Pour toutes ces collaborations, sa principale préoccupation a été de donner une nouvelle image du Sénégal, au-delà des clichés. Pour cette raison, ses photos sont réputées d’un grand naturel, montrant les gens dans leur vie quotidienne. Il lui a donc été facile de s’unir avec la société de streetwear Timezone, car à l’heure où le monde s’uniformise, ces derniers aident des musiciens à travers le monde entier à exprimer leur spécificité locale. Le but du présent projet est de donner corps au slogan de Timezone : “Real people in every Timezone”, à travers des images de Sénégalais “vrais“.
Timezone est une métaphore du monde dans toute sa diversité, de cultures, de croyances, de réalités sociales, politiques ou économiques… Malgré les différences symbolisées ici par les fuseaux horaires, on trouvera toujours, où que l’on soit, des personnes vraies avec leurs soucis quotidiens de vie et de survie ; bien loin des strass et des paillettes ou encore des drames que montrent les médias. Ces personnes sont dites “vraies” en raison de leur mode de vie ancré dans la réalité. Elles représentent l’humanité, et les espaces qu’elles emplissent au quotidien de leur présence, de leurs idées, de leurs rêves et sentiments ne sont rien d’autre que le miroir de l’âme de la Terre.
Les personnages photographiés ont des histoires différentes, mais Sandy Haessner a essentiellement travaillé avec des rappeurs car ces derniers sont depuis longtemps reconnus comme des peintres de leurs sociétés. Ainsi, en parlant de la rue ils mettent à nu des problèmes sociaux et expriment la volonté des gens de sortir de la pauvreté, du manque d’éducation, du chômage, etc. Le décor des photos ne pouvait donc être que celui des quartiers où vivent les rappeurs. Là ils se sentent à l’aise et offrent au photographe l’opportunité de les surprendre dans des attitudes naturelles. Le sens d’une telle démarche est de les montrer en tant qu’êtres humains dans leur propre environnement.
L’originalité de ce projet réside sans aucun doute dans sa dimension sociale et humaine, conjuguée au professionnalisme dans la volonté de présenter positivement la culture urbaine sénégalaise. Comme dans ses précédents projets et à la mesure de son engagement écologique, Sandy Haessner essaye avec sincérité d’inciter les gens à la compréhension et à l’acceptation de ce qu’est réellement la différence : un don inestimable de la vie pour que chaque être humain apprenne à se connaître lui-même et à mieux connaître les autres. Et ceci est à la portée de toutes les vraies personnes, partout dans le monde.



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